samedi 25 mars 2017

L'instant pouet


Des courses à faire
Mes comptes bancaires
Doutes capillaires
Trois formulaires

Lettres à poster
Portable paumé
Enfants crevés
Faire à manger

Mes comptes-rendus
Les clés perdues
Biche aperçue
Fruit défendu

C'est pas un poème c'est une liste
De tout ce qui traîne et qui s’enkyste :
L'inventaire de tout ce que je dois faire
C'est moins marrant que chez Prévert.

Cet emploi du temps bien rempli
C'est l'allégorie de ma vie ?
Je cherche le raton laveur
Ce poétique ambassadeur.

Des petits riens qui plombent le temps
Redonnent le sourire tout autant.
Listons mes antidépresseurs !

Une bière fraîche, un bon bouquin,
Un coup de fil, rêver demain.
J'ai trouvé mon raton laveur.

(écrit en juillet 2014 pour Vincenzo, toujours d'actualité !)

mardi 7 mars 2017

Orthos au bord de la crise de nerf, patients perdus sans pouvoir rien y faire.


Tu as sans doute entendu parler de la grève des fonctionnaires aujourd'hui, et plus particulièrement des professionnels de la santé qui ont manifesté à Paris.
Je n'y étais pas, hélas, pourtant j'aurais bien aimé. Je ne suis pas fonctionnaire, pourtant, me feras-tu remarquer. Certes, mais je suis solidaire ! Solidaire de mes confrères-zet-sœurs orthophonistes si mal payés à l'hôpital : le SMIC + 60€, tu penses bien que ça n’attire pas les foules... Et c'est sous les slogans "Ortho smicard de l'hôpital se barre" et "Nous n'aurons plus les moyens de vous faire parler" que les orthos ont défilé aujourd'hui, à grand renfort de sifflets, de casseroles, de haut-parleurs (et de bouchons d'oreille parce que prévenir la surdité, c'est important... Professionnels jusqu'au bout !).

C'est difficile de faire comprendre à tout un chacun que non, les orthophonistes ne sont pas des privilégiés, et c'est d'autant plus compliqué à faire entendre que les places chez les orthophonistes sont chères dans la grande majorité des régions de notre beau pays. Quand on doit attendre des semaines, voire des mois avant d'obtenir un rendez-vous, on peut légitimement penser que ça veut dire que les orthos ont du taf' à ne plus savoir quoi en faire, et que donc, ça doit rentrer dans le tiroir-caisse ! Alors que pas du tout, en fait...

jeudi 2 mars 2017

#projetcelsius2017 : février, ayé !

Une note par mois, ça va, on ne peut pas dire que je me foule beaucoup en ce moment. Pourtant des projets, des "en-cours" et des envies, c'est pas ça qui manque ! Non, comme d'habitude, ce qui manque, c'est du temps.
Du temps !!!
Et du coup, le #projetcelsius me fait vraiment du bien : il m'oblige à m'accorder une parenthèse chaque jour (ou presque) pour tricoter, environ un quart d'heure à faire glisser les mailles sur les aiguilles et à regarder mes pensées vagabonder au rythme des points de tricot.
Le mois de février vient de s'achever, et je suis toujours à jour !
Incroyable...

Avec les températures qui ont enfin lâché le niveau 0 et le printemps qui approche, ma couverture s'est vue ajouter une nouvelle couleur : un vert tendre tout doux, pour les températures au dessus de 14° (je prends la température à midi, je le rappelle...).
J'en ai fait 3 rangées en tout sur le mois de février, et mon mois de mars commence aussi avec cette couleur, j'ai décidé que c'était de bon présage pour le mois qui arrive.


Pour une fois, pas de note à rallonge, je reste sobre : il n'y a pas eu de péripéties comme au démarrage du projet, pas de révélations ni de découvertes comme au mois de janvier, juste un rythme qui s'installe et un projet qui se poursuit en douceur.

Et autour de ce projet, tu penses bien, d'autres choses me viennent en tête et au bout des doigts : me tricoter un pussy-hat (c'est en cours, après avoir entièrement détricoté mon premier essai trop large), finir mon essai de space-invaders en C2C, refaire des tawashis, adopter le tricotage à l'occidentale... Tu ne vois pas de quoi je parle ? T'inquiète, j'essaye d'y revenir avant 2 mois, et de te poster des p'tites notes là dessus !
Mais en attendant, je te laisse, j'ai des aiguilles qui m'appellent... ;)

NB - le récap' des #projetcelsius2017 pour le mois de février, c'est ici ! Merci Le Chat Qui Pelote !

mardi 31 janvier 2017

#projetcelsius2017 : bilan du premier mois

Youhou ! Je suis toujours là ! 
Et non, non, je n'ai pas lâché mon projet de l'année... 


Ma "temperature blanket" avance doucement mais sûrement !
1 mois = 31 rangées... Et ça commence à ressembler à quelque chose.
J'arrive à être relativement régulière, sauf le jeudi soir (y'a cours de danse :p ), et au pire je n'ai eu que 4 jours à rattraper...
La suite du mois de janvier en images ! 

mercredi 18 janvier 2017

Quand je serai grand, je serai arbre.

« Quand je serai grand, je serai arbre. »
Maman a encore levé les yeux au ciel. Enfin, au plafond, parce qu'on ne voit pas le ciel quand on
regarde en l'air dans la cuisine. Elle a dit : « Ça n'a ni queue ni tête, Tom ! ». Évidemment que ça n'a
ni queue ni tête, un arbre. Enfin si, on peut considérer que les plus hautes branches sont la tête de
l'arbre, mais la queue, ça, je vois pas. Mais c'est normal, c'est parce que « ni queue ni tête » c'est une
expression imagée. Ça veut dire que ça n'a pas de sens, et même que c'est un peu stupide. Moi, je
trouve que ce sont les expressions imagées qui sont un peu stupides, parce que bon, techniquement,
« être sur son 31 »  par exemple, ou « tomber dans les pommes », ça, ça n'a pas de sens... « Tom, tu ne
peux pas être un arbre, on en a déjà parlé... » me re-dit Maman en soupirant.
Tom, c'est moi. Si on le dit en langage d'avion, ça fait Tango - Oscar - Mike. Le tango c'est une
danse. Ça bouge. On compte les temps pour mettre les pieds dessus : 1, 2, 3 et 4. Moi j'aime bien
danser, mais j'aime que les slows, sinon ça va trop vite.
J'aime bien parler en langage d'avion aussi. Je dis ça mais ce ne sont pas les avions qui parlent, bien
sûr, ce sont les gens qui sont dans l'avion et dans la tour de contrôle qui utilisent les mots à la place
des lettres pour être sûr de bien se comprendre, sinon ça peut faire des accidents et des catastrophes
et tout. C'est l'alphabet radio international, et c'est l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale
qui a décidé un jour que, hop, les gens des avions il parleraient comme ça. Moi j'aime bien l'idée
que tu prends le temps de dire des mots à la place des lettres, parce que les avions ça va quand
même super vite, mais là, paf, à un moment, les pilotes ils sont obligés de ralentir, ça fait comme
une parenthèse de calme dans la vitesse (une parenthèse de calme, ça aussi c'est une expression
imagée, parce que dans la vraie vie on ne peut pas mettre de vraies parenthèses comme dans les
textes), comme un moment-statue dans un monde qui bouge tout le temps.
Mais même les vrais moments-statue, ça n'existe pas, parce que la planète, elle tourne sur elle même
(1670 kilomètre à l'heure) et elle tourne autour du soleil (107 460 kilomètres à l'heure). Du
coup, même quand on ne bouge pas du tout, qu'on est parfaitement immobile, ben on bouge quand
même. Et alors moi, je me suis dit que si on veut vraiment être parfaitement parfaitement immobile,
il faudrait faire la statue dans un avion qui va super super vite dans le sens contraire de la rotation
de la planète terre, comme ça ça annulerait les mouvements. Sauf que pour ça, faudrait un avion qui
va tellement vite que je ne pense pas que c'est possible. Y'a que Superman qui pourrait le faire, s'il
existait. Surtout qu'en plus le système solaire se déplace à 2000 kilomètre à l'heure dans un nuage
interstellaire, alors ça commence à devenir vraiment compliqué de savoir dans quel sens il faut
voler, et à quelle vitesse, pour être tout à fait parfaitement immobile...
Et puis même. J'ai réfléchi et en fait, réfléchir, c'est faire circuler des « informations neuronales »
dans notre cerveau. Si ça circule, c'est que ça bouge. Les pensées, c'est comme du mouvement dans
la tête. Alors à moins de s'arrêter de penser, on ne peut même pas être immobile à l'intérieur de soi.
Je ne sais pas si on peut essayer d'annuler les mouvements de pensée en bougeant sa tête très vite,
parce que je ne sais pas dans quel sens elles bougent, les idées, ni à quelle vitesse. Peut-être qu'elles
vont encore plus vite que le son (340,29 mètres par seconde ) ? Ou même que la lumière (299 792
458 mètres par seconde) ?
Ça donne un peu le tournis quand on y pense... Et moi j'arrive pas à arrêter de penser.
En fait, c'est pas possible la vraie vraie immobilité.
C'est pour ça que faire la statue sur place, comme un arbre, c'est déjà pas si mal. Et puis un arbre, ça
pense pas. Enfin, je crois pas. Ça doit être chouette, de pas penser, des fois...
Alors moi, quand je serai grand, je serai arbre.
Je l'ai redit à Maman pendant qu'elle rangeait les verres dans le lave-vaisselle, mais en chuchotant
lentement à son oreille. Quand on dit les choses doucement, un peu comme des mots-statues, ça
s'installe mieux dans la tête, je trouve. Maman a soupiré, mais un soupir gentil, ceux qui vont avec
les bisous, pas un soupir de « Oh tu m'énerves ! ». Un soupir tout doux, comme le vent dans les
branches.
Quand je serai grand, je serai arbre à soupirs de bisous, même.

Petite nouvelle écrite en avril 2015 dans le cadre des ateliers
d'écriture "écrire en ligne" animés par Gaëlle Pingault.
Gaëlle vient d'ailleurs de sortir son dernier recueil de nouvelles
aux éditions Quadrature : "
Avant de quitter la rame"
(ici : http://editionsquadrature.be/catalogue/avant-de-quitter-la-rame/).
J'ai pleuré en le lisant, au moins 2 fois et demie.
Lis-le, tu vas voir, c'est génial.
Et n'oublie pas : un jour, l'art sauvera le monde.